Qu’est ce que la Fast Fashion ?

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La fast-fashion consiste pour les grandes marques à produire des vêtements en grande quantité et à renouveler leurs collections le plus rapidement possible, pour nous inciter à acheter/dépenser le plus possible.
 
A cela on y ajoute une publicité omniprésente et le tour est joué : nous nous lançons dans une surconsommation de vêtements et d’accessoires. Nous devenons complices de l’obsolescence programmée.
 
En effet, depuis une quinzaine d’années nous avons augmenté notre consommation de vêtements de 60% et nous les portons sur une durée deux fois plus courte qu’auparavant ! De plus, en moyenne une femme achète 30 kilos de vêtements chaque année et 30% d’entre eux ne sont jamais portés !
 
Dans les prochains paragraphes nous allons découvrir (ou redécouvrir) l’univers de la fast-fashion et pour quelles raisons cette « mode » est pointée du doigt.

 

Copies et mauvaise qualité

Pour aller au plus vite et limiter les frais, les marques réduisent le coût des matières et le coût de fabrication des vêtements.
 
Elles préfèrent du tissu rapide à fabriquer et du fils moins épais, ce qui donne des coutures beaucoup moins résistantes.
 
Elles optent également pour des vêtements faciles à réaliser, quitte à reprendre un modèle déjà existant où à copier la concurrence.

 

Uniformisation du style

Plus le nombre d’un même vêtement est élevé plus son coût diminue. Ainsi les marques produisent des vêtements en très grande quantité. Leitmotiv : rentabilité !
 
Pour ne pas être exclues, nous suivons la mode qui nous est imposée. Nous nous retrouvons toutes avec des vêtements identiques, un style uniformisé et standardisé… un peu comme les produits de grande consommation! Nous n’exprimons plus notre créativité et notre véritable identité.

 

Non respect des travailleurs

Les marques usant de la fast-fashion délocalisent leur entreprise dans des pays où les coûts de fabrication et où les charges sont largement moins chers qu’en France, pour faire exploser leurs bénéfices.
 
Dans ces pays des hommes, des femmes et des enfants (âgés parfois d’à peine 6 ans) travaillent à la chaîne durant des heures (environ 12 heures de travail par jour), sans aucune pause et dans des positions inconfortables. La plupart dorment à même le sol de l’usine ; où femmes et enfants sont régulièrement maltraités (physiquement, mentalement et sexuellement)…
 
Leurs conditions de travail engendrent de nombreux problèmes tels que le vieillissement précoce, la malnutrition, la dépression, la dépendance aux drogues…
 
Ils gagnent également un salaire de misère. Pour vous donner une idée, voici la répartition des coûts d’un tee-shirt fabriqué en Asie (au prix de 29€) :
 

  • 0,6% correspond au salaire du travailleur (soit 0,18€), alors qu’en France 29% correspond au salaire du travailleur (soit 8€).
  • 12% correspond à la matière première (soit 3,5€), alors qu’en France 24% correspond à la matière première (soit 7€).
  • 72% correspond à la marge de la marque (soit 21€), alors que pour une entreprise localisée en France sa marge est de 36% (soit 10,5€).
  • 8% correspond au transport (soit 2€), alors qu’en France 3% correspond au transport (soit 1€).
  • Le reste correspond aux intermédiaires (ce qui n’est pas toujours le cas en France, pour une entreprise artisanale localisée en France par exemple), à la marge de l’atelier et aux frais généraux.

 
Autre info : 70% des vêtements achetés en Europe sont produits en Asie… ça fait réfléchir ! Et depuis quelques années les vêtements issus de la fast fashion voient leur prix augmenter… mais leur qualité et conditions de productions restent toujours les mêmes !

 

Désastres écologiques

La mode est l’industrie la plus polluante au monde après celle du pétrole !
 
Les usines et ateliers permettant de fabriquer les tissus et vêtements sont sans cesse en fonctionnement. Les transports assurant leur acheminent également.
 
Par exemple un tee-shirt « Made in Bangladesh » parcourt environ 48 000 km ! Le « Made in » ne représente que la dernière étape de fabrication du vêtement. En passant de la culture du coton, au tissage, à la teinte… jusqu’à sa confection, le tee-shirt aura parcouru plus que la circonférence de la Terre.
 
De plus, cette industrie utilise plus de pesticide que n’importe quelle autre et consomme énormément d’eau.
 
Par exemple la culture du coton « classique », qui représente les 1/3 des vêtements de notre garde-robe, demande 10 000 litres d’eau pour seulement 1kg de coton ! Et une seule paire de jeans utilise environ 3 400 litres d’eau !
 
Cette eau est contaminée par de nombreux produits chimiques. Ces produits sont ensuite rejetés dans les rivières, dans les mer et océans, dans les nappes phréatiques… de quoi nuire considérablement à la faune et à la flore !

 

Danger pour notre santé

Des produits chimiques sont aussi appliqués sur nos vêtements. Certains de ces produits sont interdits ou utilisés largement au-dessus de la limite autorisée.
 
Par exemple en 2012 Greenpeace a trouvé dans des vêtements pour enfants des doses de phtalates (substance cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) 370 fois supérieures à la norme en vigueur !
 
Ces produits se retrouvent ensuite sur notre peau et/ou dans notre sang ce qui peut engendrer des problèmes tel que : des irritations des yeux et des voies respiratoires, des allergies, de l’asthme, des problèmes d’infertilité, des cancers, des nuisances au développement du fœtus…

 

Gaspillage

Cet impact environnemental ne se limite pas qu’à la fabrication des tissus et des vêtements, mais aussi à la manière dont nous les consommons.
 
Nous les achetons sur un coup de tête, nous renouvelons continuellement notre dressing pour rester à la mode et ne rien rater des nouvelles collections… puis nous les jetons à la poubelle quelques mois plus tard. Nous devenons actrices de la fast-fashion.
 
Les raisons de ce gâchis ? Nos vêtements sont abîmés ou doivent être remplacés avant d’être abîmés, ils sont déjà démodés, ils ne plaisent plus, ils ne seront tout compte fait jamais portés, ils prennent de la place dans notre dressing et gênent l’arrivée de nos prochains achats…

 

Soldes

Apparues au 19e siècle avec la grande distribution, les soldes permettaient d’écouler les stocks des invendus de la saison passée grâce à des prix cassés.
 
Aujourd’hui c’est un effet de mode donnant aux marques une nouvelle occasion de nous inciter à acheter/dépenser.
 
En effet au départ les soldes se déroulaient seulement 2 fois par an (soldes automne-hiver puis printemps-été). Maintenant, directement ou indirectement, il y en a presque tous les mois
 
De plus depuis quelques années une nouvelle stratégie, bien qu’illégale, est mise en place par ces marques : les prix des articles sont largement augmentés avant de recevoir ladite promotion !
 
Par exemple pour certain cas (voir l’image ci-dessous) : sur le nouveau prix en passant de 74€ à 51,80€ on a une promotion de -30%. Mais quand on regarde le prix initial, l’article vaut en réalité 49,99€. On a donc aucune promotion et on paie plus cher que le prix de base !
 

 

Greenwashing

Les marques usant de la fast-fashion sont de plus en plus pointées du doigt. Elles se voient donc obligées de réagir. Une grande partie de ces marques utilise la méthode du greenwashing pour redorer leur image.
 
Le greenwashing est une sorte de cache misère qui consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique. Malheureusement la plupart du temps l’argent est davantage investi en publicité (trompeuse) que pour de réelles actions en faveur de l’environnement.
 
Attention donc à ne pas vous faire avoir !
 
 
 
La fast-fashion s’intensifie et les marques appliquant ce procédé s’engraissent sur le dos de ses travailleurs et de ses consommateurs, sans parler de l’aspect environnemental.
 
Aujourd’hui ce mode de consommation est ancré dans nos mœurs. Bien qu’il soit difficile, voire impossible pour certaines personnes de consommer autrement, il est important d’être au courant du fonctionnement de la fast-fashion.
 
Heureusement avec le temps nous en prenons conscience et nous cherchons à consommer autrement. Pour cela il y a un autre mode de consommation : la mode éthique (notre prochain article).
 
 
 

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